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Berlioz, Traité d’instrumentation · Français

Hector Berlioz · section 24 sur 67

Le Piccolo

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Lecture française composite : passages originaux de Berlioz rétablis lorsque leur contenu concorde avec l’anglais ; ailleurs, nouvelle traduction automatique de l’édition anglaise Berlioz/Strauss de 1948. Brouillon, sans relecture par un locuteur natif. Provenance et ambiguïtés : fr-sources.html.

Il est une octave plus haut que la grande flûte. Les notes sui-

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vantes, par exemple, 7, SSS

Il possède la même étendue que la grande flûte, à l’excep-

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tion du do le plus aigu :—— ; qui est difficile à

(également le si aigu)

ce son est d’une dureté presque intolérable et doit donc être évité.

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Même le si est très dur et ne peut être employé

que dans un fortissimo de tout l’orchestre. En revanche, il est pratiquement inutile d’écrire les notes de l’octave la plus grave, puisqu’elles sont à peine audibles. Cependant, si l’on veut utiliser précisément cette faiblesse sonore pour un effet spécial, il vaut mieux employer les sons correspondants dans la deuxième octave de la grande flûte.

No 98. SYMPHONIE PASTORALE, 3e MOUVEMENT

On abuse fréquemment aujourd’hui des piccolos, comme de tous les instruments au son puissant et pénétrant. Dans les morceaux de caractère joyeux, les sons de la deuxième

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octave feeeet tite peuvent être employés avec diverses

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nuances. Les sons supérieurs

sont excellents dans le fortissimo pour les effets violents et incisifs — par exemple dans un orage ou dans une scène de caractère féroce ou infernal. Ainsi, le piccolo est employé très heureusement dans le quatrième mouvement de la Symphonie pastorale de Beethoven : tantôt seul, librement suspendu au-dessus du trémolo grave des altos et des basses, imitant le sifflement d’un ouragan pas encore pleinement déchaîné ; tantôt ses notes les plus aiguës réunies à la masse entière de l’orchestre. Gluck, dans la tempête d’« Iphigénie en Tauride », a accru l’âpreté de deux petites flûtes à l’unisson en les écrivant, dans une succession d’accords, toujours une quarte au-dessus des premiers violons. Les piccolos, sonnant une octave plus haut, forment ainsi avec les premiers violons une suite de onzièmes dont la rudesse et l’acuité produisent précisément l’effet approprié. (Exemples 98 et 99.)

No. 98. PASTORAL SYMPHONY, 3rd MOVEMENT
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Fig. 520 · Le voir dans le lecteur

Dans le chœur des Scythes du même opéra de Gluck, les deux piccolos doublent les grupetti des violons une octave plus haut ; ces sons sifflants, mêlés aux clameurs de la foule sauvage et au fracas rythmique incessant des cymbales et des tambourins, sont vraiment terrifiants. Voir

Le ricanement diabolique produit par deux petites flûtes en tierces dans la chanson à boire du « Freischütz » est bien connu. C’est l’un des effets d’orchestre les plus heureux de Weber :

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Spontini, dans sa magnifique bacchanale des Danaïdes (devenue ensuite un chœur à boire de « Nurmahal »), conçut le premier l’idée d’unir un cri bref et perçant des piccolos à un coup de cymbale. Personne avant lui n’avait découvert l’étrange sympathie entre ces deux instruments de qualité si opposée. Le son produit ressemble à un coup de poignard. L’effet est très caractéristique, même si l’on n’emploie que ces deux instruments ; mais il s’accroît encore par un coup sec de timbales joint à un accord bref des autres instruments :

No 100. TRISTAN, ACTE

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Ces exemples, comme d’autres que je pourrais citer, sont admirables à tous égards. Beethoven, Gluck, Weber et Spontini ont employé le piccolo d’une manière aussi ingénieuse et logique qu’originale.

La citation suivante de « Tristan », troisième acte, doit son effet profondément émouvant aux sons impressionnants de la petite flûte :

No. 100. TRISTAN, ACT
Fig. 524 · Le voir dans le lecteur

va pa deh i i a fee se lege le ¢ eg |e eee lee ¢ 2 = e os s es s oo e Gr. Fl. - = — Lal Lal hs _——* a =< L. oll Le a A. ofl L. af = La ——

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Fig. 525 · Le voir dans le lecteur
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Mais lorsque j’entends cet instrument doubler à la triple octave la mélodie d’une voix de baryton, ou jeter ses sons criards dans une harmonie religieuse, ou renforcer et aiguiser la voix supérieure d’un orchestre d’opéra par pur amour du bruit, cette instrumentation me paraît aussi plate et stupide que le style mélodique auquel on l’applique généralement.

Le piccolo peut aussi produire un excellent effet dans les passages

doux ; c’est un simple préjugé de croire qu’il ne peut être employé que dans le forte. Il sert quelquefois à poursuivre les gammes aiguës qui dépassent l’étendue de la grande flûte ; dans ces cas, le piccolo entre à l’extrémité du registre aigu de celle-ci. Il est alors facile au compositeur de dissimuler le passage d’un instrument à l’autre de manière qu’une seule flûte d’une étendue extraordinaire semble jouer. Par exemple :

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Fig. 527 · Le voir dans le lecteur

La musique militaire emploie trois autres flûtes, qui pourraient aussi être utilisées avantageusement dans les orchestres ordinaires :

1. La flûte tierce (dite flûte en fa),

dont le do produit mi bémol ; elle appartient aux instruments transpositeurs en mi bémol, comme indiqué plus haut. Elle est une tierce mineure au-dessus de la flûte ordinaire ; de plus, son timbre est plus cristallin.

1. The flute in the third (the so-called flute in F),
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2. La petite flûte à la neuvième mineure (dite petite flûte en mi bémol), dont le do produit ré bémol. Elle est un demi-

ton plus haut que le piccolo et doit être traitée de la même manière.

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Fig. 529 · Le voir dans le lecteur

3. La petite flûte à la dixième (dite petite flûte en fa), dont le do produit mi bémol, et que nous nommerons petite flûte dixième en mi bémol. Elle est une octave plus haut

que la flûte tierce et une dixième plus haut que la flûte ordinaire.

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Fig. 530 · Le voir dans le lecteur
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Fig. 531 · Le voir dans le lecteur

Elle ne doit jamais dépasser le la aigu : EL=== ; même ce

son excessivement perçant s’obtient difficilement. Certains orchestres possèdent aussi une grande flûte à la seconde

mineure, dont le do produit ré bémol et qui doit donc être appelée flûte en ré bémol. Elle n’est accordée qu’un demi-ton plus haut que la flûte ordinaire :

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Fig. 532 · Le voir dans le lecteur

Toutes ces flûtes servent à accroître l’étendue aiguë de l’instrument. Leurs timbres ont des caractères différents. Elles facilitent aussi l’exécution et préservent la sono-