Hector Berlioz · section 29 sur 67
La Trompette
Lisez et écoutez cette section dans l’édition jouable →Lecture française composite : passages originaux de Berlioz rétablis lorsque leur contenu concorde avec l’anglais ; ailleurs, nouvelle traduction automatique de l’édition anglaise Berlioz/Strauss de 1948. Brouillon, sans relecture par un locuteur natif. Provenance et ambiguïtés : fr-sources.html.
Son étendue est à peu près celle du cor ; elle possède les mêmes sons ouverts naturels, une octave plus haut. Elle s’écrit en clef de sol.
} tons aigus 1g
Quelques exécutants réussissent dans une certaine mesure à produire des sons bouchés à la trompette en introduisant la main dans le pavillon, comme au cor. Mais l’effet de ces sons est si mauvais et leur intonation si incertaine que la grande majorité des compositeurs s’est sagement abstenue, et continue de s’abstenir, de les employer. Le
fa aigu ——, toutefois, doit être excepté de cette
plus mauvais de tous. La trompette en ré bémol a le plus beau timbre ; elle est très brillante et d’une intonation pure. Mais cet instrument n’est presque jamais employé, car la plupart des compositeurs ignorent son existence.
Ce qui a été dit des notes aux deux extrémités de sa gamme montre que l’étendue de la trompette n’est pas la même dans tous les tons. Les trompettes graves, comme tous les instruments de ce type, doivent éviter les notes les plus basses ; les trompettes aiguës ne peuvent atteindre les notes les plus hautes.
L’étendue de la trompette dans les différents tons est la suivante :

Trompette en la bémol grave

proscription et peut être considéré comme un son ouvert. Il est produit par les lèvres seules ; mais, étant toujours un peu trop haut, il ne peut être employé que comme note de passage

entre sol et mi, et il faut s’abs-
tenir de l’employer sans préparation ou de

le soutenir. Le si bémol du médium =, en

revanche, est toujours un peu trop bas. Le do grave = doit
être évité sur les trompettes dans les tons au-dessous de fa. Il sonne faiblement et rudement et ne convient pas aux effets caractéristiques. Il peut être aisément remplacé par un son de cor, meilleur à tous égards.

Les trois notes les plus aiguës, très hasar-
deuses sur les trompettes en la grave, si bémol et do, sont impraticables dans les tons plus élevés. Toutefois, le do aigu peut être produit avec quelque effort, même sur les trompettes en mi bémol, s’il est amené comme dans l’exemple suivant :

Un tel passage, que la plupart des exécutants allemands et anglais attaqueraient sans hésiter, serait jugé très risqué en France, où l’on doit généralement surmonter de grandes difficultés dans l’emploi des cuivres.
Il existe des trompettes faites d’une seule pièce en si bémol, do, ré, mi bémol, mi, fa, sol et, très rarement, la bémol aigu. Au moyen de la rallonge mentionnée à propos du cor, qui abaisse l’instrument d’un demi-ton, on obtient des trompettes en la, si, ré bémol (ou do dièse) et sol bémol (ou fa dièse). Une double rallonge, qui abaisse le diapason d’un ton entier, permet même d’obtenir une trompette en la bémol grave ; mais ce ton sonne



Trompette en si bémol


Trompette en si

Trompette en do
(non transpositrice)

Trompette en ré bémol

Trompette en ré


Trompette en mi bémol

Trompette en mi

Trompette en fa

Trompette en sol bémol

Trompette en sol
Le do grave (marqué *), écrit en clef de fa, possède une excellente sonorité dans les trois tons aigus (fa, sol, sol). Il peut être employé avec beaucoup d’effet en de nombreuses occasions.
Les trompettes en la bémol aigu ne se trouvent que dans certaines musiques militaires. Leur timbre est très brillant, mais leur étendue est encore plus petite que celle de la trompette en sol, puisqu’elles ne peuvent dépasser le quatrième do.

Trompette en la bémol aigu

Adolphe Sax fabrique maintenant de petites trompettes à l’octave et à la dixième (en do aigu et mi bémol aigu), d’un excellent timbre. Elles devraient être employées dans tous les orchestres et toutes les musiques militaires.
Les trilles sont généralement impraticables à la trompette ; à mon avis, il ne faut pas les employer à l’orchestre. Les trois trilles suivants sonnent cependant assez bien :

Tout ce qui a été dit plus haut des différents
tons des cors et de la manière de tirer parti de leur combinaison s’applique également aux trompettes. Il faut ajouter toutefois qu’on a rarement l’occasion de les employer dans des tons différents. La plupart de nos orchestres ne fournissent au compositeur que deux trompettes et deux cornets, au lieu de quatre trompettes. Il vaut donc mieux avoir deux trompettes dans le même ton, puisque les cornets peuvent compléter l’harmonie ; ceux-ci peuvent jouer tous les intervalles, et leur timbre n’est pas si différent de celui des trompettes qu’ils ne puissent suffisamment s’y fondre dans l’ensemble. 4 Ce chapitre est lui aussi périmé. Le compositeur n’a besoin que de technique orchestrale et d’imagination sonore ; le ton dans lequel il écrit la trompette importe peu. Le mieux est d’appliquer ici encore la méthode de Wagner, qui écrit dans tous les tons afin de laisser autant que possible la partie de trompette en do majeur. On peut alors laisser à chaque trompettiste le choix du ton le mieux adapté.
À ma connaissance, les trompettistes préfèrent maintenant les tons suivants : premières trompettes, la aigu, si bémol had ; secondes trompettes, fa, ré, mi bémol.
Ce n’est que dans les tonalités mineures qu’il faut employer les trompettes dans deux tons différents, si les passages contiennent les troisième et cinquième degrés de la gamme. En sol dièse mineur, par exemple, si une trompette doit jouer sol dièse et si tandis que l’autre joue si et ré dièse une tierce plus haut (ou une sixte plus bas), il faut employer une trompette en mi (dont le mi et le sol produisent sol dièse et si) et une autre en si (dont le do et le mi produisent si et ré dièse). C’est ce qu’a fait Meyerbeer dans la grande scène du quatrième acte de

Contrairement à l’usage traditionnel, le son piano des trompettes peut produire un effet charmant. Gluck fut l’un des premiers à en donner un exemple convaincant avec la longue tenue des deux trompettes unies pianissimo sur la dominante, dans l’Andante de l’introduction d’« Iphigénie en Tauride ». Beethoven, particulièrement dans l’Andante de sa Symphonie en la majeur, et Weber ont tous deux très heureusement utilisé les possibilités piano des trompettes. (Exemples 118 et 114.)
113. iphigénie en tauride, acte L

114. SYMPHONIE EN LA MAJEURE, 2e MOUVEMENT

Son étendue est à peu près celle du cor ; elle possède les mêmes sons ouverts naturels, une octave plus haut. Elle s’écrit en clef de sol.

Quelques exécutants réussissent dans une certaine mesure à produire des sons bouchés à la trompette en introduisant la main dans le pavillon, comme au cor. Mais l’effet de ces sons est si mauvais et leur intonation si incertaine que la grande majorité des compositeurs s’est sagement abstenue, et continue de s’abstenir, de les employer. Le
fa aigu ——, toutefois, doit être excepté de cette
plus mauvais de tous. La trompette en ré bémol a le plus beau timbre ; elle est très brillante et d’une intonation pure. Mais cet instrument n’est presque jamais employé, car la plupart des compositeurs ignorent son existence.
Ce qui a été dit des notes aux deux ex-
trémités de sa gamme montre que l’étendue de la trompette n’est pas la même dans tous les tons. Les trompettes graves, comme tous les instruments de ce type, doivent éviter les notes les plus basses ; les trompettes aiguës ne peuvent atteindre les notes les plus hautes.
L’étendue de la trompette dans les différents tons est

Trompette en la bémol grave

proscription et peut être considéré comme un son ouvert. Il est produit par les lèvres seules ; mais, étant toujours un peu trop haut, il ne peut être employé que comme note de passage

entre sol et mi, et il faut s’abstenir de l’employer sans préparation ou de

le soutenir. Le si bémol du médium ——, en

revanche, est toujours un peu trop bas. Le do grave a doit
être évité sur les trompettes dans les tons au-dessous de fa. Il sonne faiblement et rudement et ne convient pas aux effets caractéristiques. Il peut être aisément remplacé par un son de cor, meilleur à tous égards.

Les trois notes les plus aiguës | ae, très hasar-
deuses sur les trompettes en la grave, si bémol et do, sont impraticables dans les tons plus élevés. Toutefois, le do aigu peut être produit avec quelque effort, même sur les trompettes en mi bémol, s’il est amené comme dans l’exemple suivant :

Un tel passage, que la plupart des exécutants allemands et anglais attaqueraient sans hésiter, serait jugé très risqué en France, où l’on doit généralement surmonter de grandes difficultés dans l’emploi des cuivres.
Il existe des trompettes faites d’une seule pièce en si bémol, do, ré, mi bémol, mi, fa, sol et, très rarement, la bémol aigu. Au moyen de la rallonge mentionnée à propos du cor, qui abaisse l’instrument d’un demi-ton, on obtient des trompettes en la, si, ré bémol (ou do dièse) et sol bémol (ou fa dièse). Une double rallonge, qui abaisse le diapason d’un ton entier, permet même d’obtenir une trompette en la bémol grave ; mais ce ton sonne

Trompette en la


Trompette en si bémol ff



Trompette en do (non transpositrice)


La trompette peut même être employée dans des morceaux de caractère joyeux, pourvu que cette humeur prenne un caractère ardent ou brillant.
Malgré son timbre fier et distingué, la trompette a été dégradée comme peu d’autres instruments. Jusqu’à Beethoven et Weber, tous les compositeurs, sans même excepter Mozart, ont limité son emploi au rôle inférieur de simple remplissage ou à quelques formules rythmiques banales, aussi vides que ridicules et généralement contraires au caractère du morceau où elles paraissent. Cette pratique triviale a enfin été abandonnée. Tous les compositeurs qui ont du style s’efforcent de donner à leurs passages mélodiques, accompagnements et figures toute la latitude, la variété et l’indépendance que la nature accorde à la trompette. Il a fallu presque un siècle pour y parvenir !
Verdi a employé la trompette, comme le trombone, d’une manière très personnelle dans ses dernières œuvres (« Falstaff », « Otello »), mais sans véritable sentiment de son âme et de son caractère propre. Cet emploi des cuivres lourds, issu de l’usage des trombones à clefs au timbre vulgaire, n’est pas à recommander, quoiqu’il appartienne aux particularités du vieux maître.
Vu l’effet incisif que produit toujours la trompette, il n’est pas nécessaire de citer les innombrables exemples des œuvres de Richard Wagner : le motif de l’épée de Siegmund, l’appel au combat de Brünnhilde au début du deuxième acte de « Walkuere », les octaves de trompettes, douloureuses comme des coups d’épée, à la fin du deuxième acte de « Tristan » : tout cela est inoubliable pour quiconque l’a entendu. Les trompettes à pistons ou à cylindres ont l’avantage de pouvoir produire tous les intervalles de la gamme chromatique, comme les cors à pistons. L’adjonction de ce mécanisme ne leur a rien fait perdre du timbre particulier de la trompette ordinaire, et leur intonation est satisfaisante. Les trompettes à cylindres sont les meilleures ; elles deviendront bientôt d’usage général.
Les trompettes à clefs, encore employées dans certains orchestres italiens, ne peuvent les égaler à cet égard.
L’étendue générale de la trompette à pistons ou à cylindres est la suivante :

rare, seulement dans
Les trompettes aiguës à cylindres, telles que celles en fa et en sol,

peuvent descendre chromatiquement jusqu’au fa dièse ——— 3, mais
ces notes extrêmement graves sont d’une qualité assez médiocre.
Les trilles majeurs et mineurs praticables sur la trompette à cylindres sont les mêmes que sur le cornet à trois pistons. (Voir le tableau des trilles de cet instrument, p. 298.)
Les trompettes à coulisse, ainsi nommées à cause de leur coulisse mobile actionnée par la main droite comme celle du trombone, produisent grâce à ce mécanisme les intervalles les plus purs. Leur timbre est exactement celui des trompettes ordinaires ; leur étendue est la suivante :
Impraticable dans
Impraticable dans

Les trompettes avec sourdine produisent fréquemment des effets enchanteurs. Dans le forte, elles conviennent à la caricature et à la représentation d’apparitions fantastiques. Le piano des trompettes avec sourdine possède une sonorité magique et argentée (Exemple 116).
La trompette avec sourdine est beaucoup plus facile à jouer que le cor avec sourdine. Ce dernier présente encore des difficultés de justesse, qu’une pratique assidue seule peut surmonter.
116. nocturnes — les fêtes*

*Ce morceau remplace deux extraits de « Feuersnot » cités par Strauss.
BSt

