Hector Berlioz · section 39 sur 67
Le Tuba basse
Lisez et écoutez cette section dans l’édition jouable →Lecture française composite : passages originaux de Berlioz rétablis lorsque leur contenu concorde avec l’anglais ; ailleurs, nouvelle traduction automatique de l’édition anglaise Berlioz/Strauss de 1948. Brouillon, sans relecture par un locuteur natif. Provenance et ambiguïtés : fr-sources.html.
C’est une espèce de bombardon dont le mécanisme a été perfectionné par M. Wieprecht, directeur de toutes les musiques des régiments de la garde royale prussienne. Le tuba basse, aujourd’hui très répandu dans le nord de l’Allemagne, surtout à Berlin, possède d’importants avantages sur tous les autres instruments graves à vent. Son timbre, incomparablement plus noble que celui des ophicléides, bombardons et serpents, a quelque chose de la vibration du timbre des trombones. Il est moins agile, mais plus puissant que les ophicléides, et son étendue descend plus bas que celle de tout autre instrument de l’orchestre. Son tube, comme celui du bombardon, produit les sons de l’accord de fa majeur ; A. Sax fabrique maintenant aussi des tubas basses en fa. Malgré cette différence, on les traite tous en Allemagne comme des instruments non transpositeurs. Le tuba basse possède cinq cylindres et son étendue est de quatre octaves. (Ces instruments ont été introduits en France il y a quelques années ; on les y écrit comme des instruments transpositeurs, à l’instar des cors et des trompettes.)

(En France, cette gamme serait écrite une tierce plus bas.)
Le mécanisme des cylindres permet d’ajouter quelques notes au-dessus et même au-dessous de cette gamme. Les sons extrêmement aigus sont très risqués et les sons extrêmement graves à peine discernables. Les sons marqués « A. B. C » ne sont clairement audibles que s’ils sont doublés à l’octave supérieure par un autre tuba basse, qui leur donne davantage de sonorité et s’en trouve à son tour renforcé.
Il est bien entendu que cet instrument n’est pas plus propre que le bombardon aux trilles ni aux passages rapides. Il peut exécuter certaines mélodies larges et lentes. On ne saurait se représenter l’effet d’un grand nombre de tubas basses dans une grande musique militaire. Leur son tient à la fois des trombones et de l’orgue.
Wagner a employé le tuba basse surtout pour des mélodies nobles et sombres (« Eine Faust-Ouverture », Exemple 188), et le tuba contrebasse avec un succès particulier pour exposer le motif de Fafner au deuxième acte de « Siegfried » (Exemple 184). Dans le thème central en si majeur de l’ouverture de « Tannhaeuser », cependant, le tuba basse renforçant les contrebasses n’est supportable que dans les grands orchestres et à condition de ne pas dépasser mf. En revanche, dans la bacchanale ajoutée ultérieurement à la scène du Venusberg, son expression de sensualité primitive produit un effet mer-
veilleux (Exemple 135).
133. eine faust-ouverture

Tuba basse. y = —H











ils augmentent la confusion en poursuivant les nymphes…

J’ai moi-même souvent écrit un seul tuba ténor en si bémol à l’octave supérieure du tuba basse ; mais l’exécution a montré que, comme instrument mélodique, l’euphonium (fréquemment employé dans les musiques militaires) convient beaucoup mieux à cet emploi que les tubas wagnériens, rudes et pesants, à la sonorité démoniaque.