Hector Berlioz · section 40 sur 67
Le Serpent
Lisez et écoutez cette section dans l’édition jouable →Lecture française composite : passages originaux de Berlioz rétablis lorsque leur contenu concorde avec l’anglais ; ailleurs, nouvelle traduction automatique de l’édition anglaise Berlioz/Strauss de 1948. Brouillon, sans relecture par un locuteur natif. Provenance et ambiguïtés : fr-sources.html.
C’est un instrument de bois recouvert de cuir et muni d’une embouchure. Il a la même étendue que l’ophicléide basse, mais moins d’agilité, de justesse et de sonorité. Trois de ses sons sont plus puissants que

les autres ; == 3 l’exécutant doit s’efforcer
de corriger autant que possible cette inégalité choquante. Le serpent est en si et doit donc être écrit un ton au-dessus du son réel, comme l’ophicléide en si bémol.

Le timbre véritablement barbare de cet instrument conviendrait beaucoup mieux au culte sanglant des Druides qu’à celui de l’Église catholique, où il est encore employé, monstrueux symbole de l’inintelligence et de la grossièreté de goût et de sentiment qui gouvernent depuis un temps immémorial l’emploi de la musique dans nos églises. Il faut excepter un seul cas : les messes des morts, où le serpent double le terrible chœur du Dies Irae. Son froid et affreux hurlement y convient sans doute ; il semble même revêtir une sorte de poésie lugubre en accompagnant ce texte imprégné de toutes les horreurs de la mort et de la vengeance d’un Dieu irrité. L’instrument pourrait aussi être employé dans les compositions profanes fondées sur des idées semblables ; mais son usage doit se limiter à ce seul objet. Son timbre se mêle d’ailleurs mal aux autres timbres de l’orchestre et aux voix. Comme basse d’une grande masse d’instruments à vent, il ne saurait égaler le tuba basse ni même l’ophicléide.