Hector Berlioz · section 46 sur 67
L’Harmonica à clavier
Lisez et écoutez cette section dans l’édition jouable →Lecture française composite : passages originaux de Berlioz rétablis lorsque leur contenu concorde avec l’anglais ; ailleurs, nouvelle traduction automatique de l’édition anglaise Berlioz/Strauss de 1948. Brouillon, sans relecture par un locuteur natif. Provenance et ambiguïtés : fr-sources.html.
(Harmonica de verre) -
Cet instrument est de la même espèce que le précédent ; ses marteaux frappent toutefois des lames de verre. Son timbre est d’une délicatesse extrêmement voluptueuse et pourrait servir aux effets les plus poétiques. Sa sonorité, comme celle du clavier à barres d’acier, est très faible. Il faut en tenir compte lorsqu’on l’associe à d’autres instruments de l’orchestre. Le moindre accent forte des violons le couvrirait entièrement. Il se mêlerait mieux à un léger accompagnement en pizzicato ou en sons harmoniques, ou à quelques sons très doux des flûtes dans leur registre moyen.
Le son de l’harmonica à clavier sort tel qu’il est écrit. On ne peut guère lui donner que deux octaves.

Tous les sons au-dessus du mi aigu — sont à peine audibles, et ceux au-dessous du ré — sont de mauvaise qualité et plus faibles encore que le reste de la gamme. On pourrait peut-être
remédier à ce défaut en employant des lames de verre plus fortes pour le registre grave.
Les facteurs de pianos construisent ordinairement aussi cet instrument charmant et trop peu connu. On l’écrit sur deux portées et en deux clefs de sol.
Il est inutile d’ajouter que la manière de jouer ces deux petits instruments à clavier est la même que celle du piano et qu’on peut leur écrire, dans les limites de leur étendue bien entendu, les mêmes traits, arpèges et accords qu’à un très petit piano.
Le célesta, inventé par Mustel à Paris, est une addition importante à l’orchestre. On peut le considérer comme un glockenspiel perfectionné, muni d’un clavier ; son timbre, produit par des lames d’acier, tient à la fois du glockenspiel et de la harpe. Son étendue est de cinq octaves. Sa belle sonorité est fréquemment utilisée par les compositeurs français et russes modernes, mais les œuvres plus anciennes en bénéficient également, par exemple l’air de Papageno dans « Zauberfloete ».
G. Charpentier, en particulier, l’a associé avec beaucoup de subtilité et d’efficacité à d’autres couleurs orchestrales douces dans son opéra « Louise ».