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Berlioz, Traité d’instrumentation · Français

Hector Berlioz · section 52 sur 67

Le Tambour

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Lecture française composite : passages originaux de Berlioz rétablis lorsque leur contenu concorde avec l’anglais ; ailleurs, nouvelle traduction automatique de l’édition anglaise Berlioz/Strauss de 1948. Brouillon, sans relecture par un locuteur natif. Provenance et ambiguïtés : fr-sources.html.

Les tambours proprement dits s’emploient presque exclusivement dans les grandes harmonies. Leur effet grandit et s’ennoblit à proportion de leur nombre. Un seul tambour, surtout dans un orchestre ordinaire, m’a toujours paru mesquin et vulgaire. On ne peut pourtant nier que Meyerbeer ait produit un effet particulier et terrible en associant un tambour aux timbales dans le célèbre roulement crescendo de la Bénédiction des poignards des « Huguenots ». Mais huit, dix, douze tambours ou davantage, exécutant dans une marche militaire des accompagnements rythmiques ou des roulements crescendo, sont de magnifiques et puissants auxiliaires des instruments à vent. De simples rythmes sans mélodie, harmonie ni tonalité, c’est-à-dire sans les éléments qui constituent

la musique, mais marquant simplement le pas des soldats, peuvent avoir

un effet entraînant lorsqu’ils sont exécutés par quarante ou cinquante tambours seuls. C’est probablement le lieu de signaler le charme singulier que produit sur l’oreille un grand nombre d’instruments de même espèce jouant à l’unisson ou produisant si-

multanément un bruit. En regardant les exercices de soldats d’infanterie, on peut observer qu’aux commandements « Portez armes » ou « Reposez armes », le léger cliquetis du métal et le choc sourd des crosses tombant à terre ne se remarquent nullement lorsqu’un, deux, trois, voire dix ou vingt hommes seulement font l’exercice ; mais si mille hommes exécutent le commandement, l’unisson mille fois répété d’un bruit insignifiant en lui-même produit un effet brillant. Il émeut et captive l’attention, il n’est pas désagréable ; j’y trouve même une sorte d’harmonie vague et mystérieuse.

On emploie aussi les tambours voilés, comme les timbales. Au lieu de couvrir la peau d’une étoffe, les tambours se contentent de détendre les cordes du timbre ou de glisser entre elles et la peau inférieure une courroie de cuir, qui en arrête les vibrations. Cela leur donne un son mat et sourd semblable à celui qu’on obtient en voilant la peau supérieure, son qui ne convient qu’aux compositions funèbres ou terrifiantes.