Playable BooksREADING EDITIONS
Berlioz, Traité d’instrumentation · Français

Hector Berlioz · section 63 sur 67

Pianos et mélodiums à sons prolongés

Lisez et écoutez cette section dans l’édition jouable →

Lecture française composite : passages originaux de Berlioz rétablis lorsque leur contenu concorde avec l’anglais ; ailleurs, nouvelle traduction automatique de l’édition anglaise Berlioz/Strauss de 1948. Brouillon, sans relecture par un locuteur natif. Provenance et ambiguïtés : fr-sources.html.

(D’Alexandre)

La prolongation du son est l’invention la plus importante qui ait perfectionné récemment les instruments à clavier. Applicable au piano comme au mélodium, elle permet à l’exécutant de prolonger à volonté un son, un accord ou un arpège dans toute l’étendue du clavier après que les mains ont cessé de presser les touches. Pendant cette prolongation de plusieurs sons, l’exécutant peut non seulement jouer, de ses mains libres, d’autres sons qui n’appartiennent pas à l’accord soutenu, mais même réattaquer les sons déjà prolongés. On voit combien de combinaisons différentes et charmantes cette invention rend possibles au mélodium et au piano. Ce sont de véritables effets d’orchestre, semblables à ceux que produisent les cordes jouant quatre ou cinq voix différentes au sein d’une harmonie soutenue par les instruments à vent, flûtes, hautbois et clarinettes ; mieux encore, à ceux des instruments à vent exécutant une phrase à plusieurs voix pendant une harmonie tenue des violons divisés ; ou enfin à ceux d’une harmonie et d’une mélodie se mouvant au-dessus ou au-dessous d’une pédale.

Cette prolongation des sons peut se produire à différents degrés d’intensité, selon le jeu employé.

Sous le clavier des instruments munis de cette innovation, deux genouillères sont fixées de façon à pouvoir être actionnées par une légère pression des genoux de l’exécutant ; celle de droite prolonge les sons de la moitié droite du clavier, l’autre agit de même à gauche. Le mouvement du genou doit avoir lieu en même temps que l’on enfonce les touches des sons à prolonger, par exemple :

Notation · 404.4
Fig. 943 · Le voir dans le lecteur

Une seconde pression du genou arrête instantanément les

sons prolongés :

Notation · 404.1
Fig. 944 · Le voir dans le lecteur

Bien que la seconde pression arrête la prolongation produite par la première, elle peut en même temps commencer une nouvelle

prolongation, si l’on attaque simultanément une ou plusieurs nouvelles touches.

Notation · 404.2
Fig. 945 · Le voir dans le lecteur

Si l’on veut prolonger un seul son d’un accord bref, le mouvement du genou n’a lieu qu’après que les doigts ont quitté les touches des sons qui ne doivent pas être soutenus, tout en maintenant encore un instant la touche du son à prolonger ; alors seulement la main entière devient libre. Pour changer les sons soutenus, il faut une série de ces mouvements, plus le mouvement supplémentaire qui arrête les sons dont on ne veut pas la prolongation, et qui a lieu pendant que la touche du son à soutenir demeure enfoncée.

Notation · 404.3
Fig. 946 · Le voir dans le lecteur

Cela s’applique également aux deux moitiés du clavier, au moyen des mécanismes de gauche et de droite, et au piano comme au mélodium.

Pour écrire des sons prolongés au piano ou à l’orgue mélodium, il faut employer au moins trois portées, parfois même quatre. Dans ce dernier cas, la portée supérieure est réservée aux sons tenus aigus et moyens

et la portée inférieure aux sons graves. Les deux portées médianes servent aux parties exécutées par les deux mains.

Notation · 405.1
Fig. 947 · Le voir dans le lecteur
Notation · 405.3
Fig. 948 · Le voir dans le lecteur
Notation · 405.2
Fig. 949 · Le voir dans le lecteur