Hector Berlioz · section 64 sur 67
L’Octobasse
Lisez et écoutez cette section dans l’édition jouable →Lecture française composite : passages originaux de Berlioz rétablis lorsque leur contenu concorde avec l’anglais ; ailleurs, nouvelle traduction automatique de l’édition anglaise Berlioz/Strauss de 1948. Brouillon, sans relecture par un locuteur natif. Provenance et ambiguïtés : fr-sources.html.
M. Villaume, luthier parisien dont les excellents violons sont très recherchés, a enrichi la famille des instruments à cordes d’un membre beau et puissant : l’octobasse.
Cet instrument n’est pas, comme beaucoup le croient, l’octave inférieure de la contrebasse, mais celle du violoncelle ; il ne peut descendre que d’une tierce au-dessous du mi de la contrebasse à quatre cordes.
Il n’a que trois cordes, accordées en quinte et quarte :

Les doigts de la main gauche n’étant ni assez longs ni assez forts pour appuyer les cordes, car l’octobasse est de dimensions colossales, Villaume a imaginé un système de touches mobiles qui pressent fortement les cordes sur des sillets placés sur le manche, afin de produire les tons et les demi-tons. Ces touches sont mues par des leviers que la main gauche saisit et tire de haut en bas et de bas en haut derrière le manche de la basse, ainsi que par sept autres touches de pédale
actionnées par le pied de l’exécutant.
Il est évident que l’octobasse ne peut exécuter des successions rapides de sons et doit recevoir une partie distincte, différente à bien des égards de celle des contrebasses. Son étendue n’est que d’une octave et une quinte.

Cet instrument possède des sons d’une puissance et d’une beauté étranges, pleins et forts, sans aucune rudesse. Il pourrait produire des effets extraordinaires dans un grand orchestre. Il devrait y en avoir au moins trois dans les festivals où le nombre d’instruments dépasse 150.
Nous ne discuterons pas ici l’opinion de ceux qui considèrent les nouvelles inventions des facteurs d’instruments comme nuisibles à l’art musical. Ces inventions exercent dans leur domaine la même influence que tous les autres progrès de la civilisation. Le fait qu’on puisse en abuser et qu’on en abuse fréquemment ne réfute pas leur valeur réelle.